Comprendre la surveillance et l’évaluation des services à la personne dans le Val-de-Marne

15 décembre 2025

Le « service à la personne » regroupe les prestations d’aide à domicile : aide-ménagère, assistance aux actes essentiels comme la toilette ou le lever, accompagnement à la mobilité, courses, soutien social… Ces services sont, pour une grande part, délivrés à des publics fragiles : personnes âgées dépendantes, personnes en situation de handicap, ou familles avec besoin de soutien.

  • Les services prestataires : ils emploient directement l’intervenant.
  • Les services mandataires : ils assistent la famille dans l’embauche d’un intervenant, mais l’employeur reste le bénéficiaire.
  • Les particuliers employeurs : la famille fait appel à une personne, sans passer par une structure.

Sur le département du Val-de-Marne, ce sont surtout les services prestataires qui sont directement sous l’œil du Conseil départemental.

Depuis 2002, la loi impose que les services à la personne qui interviennent auprès de personnes dites « vulnérables » (âgées, handicapées…) soient autorisés par le Conseil départemental (Source : service-public.fr). Cela s’applique systématiquement dans le Val-de-Marne. Concrètement, cela signifie que le département examine le dossier du service avant qu’il puisse travailler. Mais il ne s’arrête pas là.

Étape du contrôle En quoi cela consiste ?
Autorisation Examen du dossier : projet de service, personnel, tarification, garanties de suivi… L’autorisation est donnée pour 15 ans maximum.
Contrôle sur site Visites régulières ou inopinées dans les locaux et chez les bénéficiaires, échanges avec les familles et les salariés.
Évaluation interne/externe Le service doit réaliser une auto-évaluation régulière et faire intervenir un organisme indépendant tous les 5 à 7 ans.

Focus : Combien de services sont concernés dans le Val-de-Marne ?

En 2023, plus de 110 services à la personne étaient officiellement autorisés par le département, dont 61 spécialisés dans l’accompagnement de personnes âgées dépendantes (Source : annuaire départemental des SAAD 94).

Le contrôle qualité n’est pas qu’un simple dossier. Dans le Pays d’Uveron comme partout en Val-de-Marne, des agents du département (appelés inspecteurs ou conseillers médico-sociaux) vont sur le terrain. Voici une synthèse des méthodes utilisées :

  • Contrôle documentaire : analyse des dossiers des bénéficiaires, contrats, plannings, fiches de transmission, preuves de formation des intervenants…
  • Entretiens : échanges avec les responsables, les salariés et parfois les proches aidants pour recueillir leur perception du service, des difficultés rencontrées.
  • Observation sur site : visite dans les locaux du service mais aussi – et c’est le plus parlant – visites à domicile, en présence (ou non) de la personne aidée (selon consentement).

Par exemple, il n’est pas rare qu’un agent départemental prenne rendez-vous de façon inopinée pour observer la prise en charge d’un bénéficiaire Uveronnais, vérifier le port du badge, la ponctualité, la réalisation des gestes attendus, mais aussi la relation humaine établie avec la personne accompagnée.

Le référentiel qualité départemental s'appuie sur plusieurs axes concrets. Nous détaillons ici ce qui sera regardé lors d’un contrôle dans votre secteur :

  1. Respect des droits et des choix de la personne : charte remise au bénéficiaire, respect du consentement, écoute et adaptation des interventions.
  2. Compétence et formation du personnel : diplômes (type DEAES, AMP, aide-soignant), suivi régulier de la formation continue, vérification de l’ancienneté.
  3. Qualité du projet personnalisé : chaque bénéficiaire doit avoir un plan d’aide adapté, réactualisé si son état évolue.
  4. Respect des plannings et continuité de service : taux d’absentéisme, gestion des remplacements en cas de maladie, suivi des horaires.
  5. Gestion des plaintes : existence d’une procédure claire et traçable pour recueillir et traiter les réclamations (écrites ou orales).
  6. Suivi de la santé et sécurité : prise en compte des risques (chute, troubles cognitifs, maladies chroniques), communication avec les soignants extérieurs (MSP/ESMS/CPTS : voir encadré).

Exemple d’incident réel aperçu dans le Val-de-Marne : Un intervenant oublie une visite pendant 24h chez une bénéficiaire fragile ; la famille s’inquiète, prévient le service, qui tarde à répondre. Lors d’un contrôle postérieur, le service est sanctionné (avertissement formel) et doit revoir son dispositif d’astreinte et d’alerte, sous suivi renforcé pendant six mois (Source : rapport d’activité 2023 du Département du 94, données publiques).

Le département du Val-de-Marne dispose de plusieurs leviers :

  • Demande de correctifs immédiats (réorganisation, formation express, changement de responsable…)
  • Mise sous surveillance accrue avec convocations fréquentes et suivi trimestriel.
  • Sanction financière : baisse ou suppression des financements complémentaires (notamment dans le cas de forfaits APA).
  • Retrait d’autorisation, en cas de manquements graves ou répétés.

En 2022, deux services d’aide à domicile sur le Val-de-Marne ont vu leur agrément suspendu suite à des plaintes multiples et contrôle négatif, impliquant plusieurs dizaines de familles (Source : Conseil départemental du 94, service du contrôle des établissements).

  • En cas de problème : contactez d'abord le service concerné (responsable de secteur). Chaque service doit tenir un registre des plaintes.
  • Si la réponse n’est pas satisfaisante, vous pouvez adresser un signalement au Conseil départemental (service de la protection des majeurs), à la Maison départementale de l’autonomie (MDA 94), ou au Défenseur des droits.
  • Pour un conseil neutre : le CCAS de votre commune peut jouer un rôle d’écoute et d’orientation.

Un outil utile : le Portail national d'information pour les personnes âgées (www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr), où chaque service autorisé doit figurer.

À l’échelle locale, le contrôle qualité s’appuie aussi sur l’action de :

  • La Maison des Solidarités (MDS) : guichet de proximité du Département, hébergeant les équipes médico-sociales qui effectuent les visites de contrôle.
  • Les CCAS (Centres Communaux d’Action Sociale) : relais incontournable pour orienter les familles et récolter les premiers retours du terrain.
  • Les CPTS, MSP (Communautés Professionnelles Territoriales de Santé, Maisons de Santé Pluriprofessionnelles) : elles peuvent signaler, avec l’accord de la personne concernée, d’éventuelles dérives ou manquements constatés chez leurs patients.

Définition :

  • CPTS : groupement de professionnels du soin et du social sur un territoire, pour mieux coordonner les parcours.
  • MSP : regroupement de généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes, etc. sous un même toit.
  • Rassurer : vous savez que le service envoyé chez votre proche bénéficie d’un suivi imposé (au moins tous les cinq ans, souvent plus).
  • Alerter en cas de souci : si la continuité n’est pas là, vous n’êtes pas démuni. Le recours au contrôle départemental permet d’obtenir réparation ou changement de service.
  • Être informé : un registre public, consultable en MDS ou en mairie, synthétise les résultats de contrôles (agréments, retraits, suspensions).

Depuis 2023, le Département du Val-de-Marne expérimente aussi des dispositifs numériques, comme la télégestion (badgeage à distance) pour tracer les passages à domicile, et des enquêtes de satisfaction dématérialisées envoyées directement aux familles. L’objectif : rendre le contrôle plus réactif et les retours terrain plus transparents (source : Conseil départemental du 94, mission autonomie).

Dans le Pays d’Uveron et dans le 94, 22,7 % des habitants ont plus de 60 ans (INSEE 2020), et le nombre de personnes en situation de perte d’autonomie progresse chaque année (+5,8 % depuis 2017). Plus il y a d’intervenants et de services, plus le risque de dérive (retard, absence, maltraitance, usurpation…) existe. D’où cet encadrement fort, pensé pour garantir la sécurité et la dignité de chacun.

Ce contrôle peut parfois sembler « lourd » ou administratif – mais il joue un rôle de filet de sécurité, visible et concret, sur notre secteur pour chaque proche âgé, malade, ou en situation de handicap. N’hésitez pas à demander lors de votre choix de service si celui-ci a été contrôlé récemment, et à solliciter votre MDS ou CCAS pour en savoir plus.

En savoir plus à ce sujet :